Poussée par une envie soudaine, je me retrouve ici après avoir déserté bien trop longtemps. A quoi bon écrire sur une page abandonnée par les lecteurs, je me le demande moi même mais le fait quand même, en connaissance de cause. Peut être qu'une âme errante comme la mienne passera par là une journée d'intense galère,
qui sait?
Le ridicule ne tue pas.Belle phrase, et à l'heure qu'il est, je me sens
ridicule. Je n'en mourrai pas c'est sûr mais pourtant c'est là et ça me pèse. Ridicule d'avoir cru en lui, ridicule d'avoir abaissé ne serait ce qu'une seconde les défenses de ma forteresse. Elle était si solidement bâtie, mais il n'aura suffit que de ses signes avant-coureurs pour que mes soldats prennent repos [parler en version imagée, une protection de plus].
J'avais foi en ma citadelle intérieure à l'abri du risque grâce à ma distance calculée, ma distance permanente. Alors comment a t-il fait, lui, en si peu de temps, pour débarquer et y semer le doute? Comme le fil se heurtant à la résistance du chat de l'aiguille, il essaie, à maintes reprises, de pénétrer jusqu'à y arriver. Il était le fil, je fus le chat,
desabusé, couillé quoi.
Mais une aiguille pique, une aiguille a des ressources, et le chat n'est que partie intégrante de l'aiguille. Alors je me relèverai moi, et je serai en condition de l'envoyer chier,
s'il m'en donne l'occasion.
A quoi bon me leurrer, j'ai perdu. Mais pourquoi avoir eu envie de jouer? Impossible d'en trouver la réponse, c'est si loin à présent. Intégrer le jeu est d'une aisance surnaturelle, mais s'en dépetrer, c'est une autre histoire. Comme ennivré par son tourbillon on s'y perd, on s'y échoue et surtout on échoue. L'échec, dur à avaler, ce goût amère et particulier qu'on associe aux mauvaises choses tu vois?
C'est comme vivre sous un ciel continuellement orageux, au début on attend et espère le soleil, puis a force,
desabusé, on se résigne à vivre sous l'orage, à s'y accomoder, à faire avec. On n'a rien demandé mais on s'y fait. Mais moi, c'est pas pareil, moi je suis mouvante sous ce ciel ténébreux, ce n'est qu'un passage car j'apercois au loin un ciel plus clair et plus jovial. Juste le temps de rassembler ma fierté et mon orgueil et j'arrive.
Décidément, tout n'est que question de volonté. Enfin la volonté se heurte quand même à l'autre, d'où ma morosité. Car c'est la volonté adverse qui a blaissé ma volonté, qui l'a malmené, qui l'a écrasé. C'est cet autre qui m'a jugé. Apparemment, je parle mal. Moi, celle qui dit canaille plutôt que connard, le reste étant de l'ordre du défaut de langage. Mais j'écoute à outrance alors je le concois, pas le temps pour les taratatas.
Ecoute sa. J'en ai fini avec toi.
ethniiik-girl©
Nan je rétablirai pas les coms, laissez tomber !